CRITIQUE du concert (source : Le Soir)
Céline Dion était au Sportpaleis, mardi soir, pour le premier de ses trois concerts anversois. Son premier concert belge depuis le stade roi Baudouin du 20 juin 1997. Depuis, de mars 2003 à décembre 2007, Céline s'est produit plus de 700 fois au Collosseum du Caesars Palace de Las Vegas, devant trois millions de spectateurs. Le 14 février de cette année, après deux mois de préparation plus que de vacances, la chanteuse montréalaise est repartie sur les routes pour un World Tour dont les dernières dates – pour le moment – ne sont annoncées que pour fin janvier 2009. On appelle ça une bête de scène.
Mardi, le public a pu découvrir la scène centrale que foule d'abord, en première partie, l'imitateur français Michael Gregorio, avec un bref extrait de son spectacle, J'aurais voulu être un chanteur. Gregorio, qui ressemble un peu à Mika physiquement, chante et imite quasiment à la perfection Joe Cocker, Paul McCartney, Ray Charles, Piaf, Brel, Jean-Jacques Goldman... quand il ne reproduit pas le son de la guitare de Gary Moore. Les images sur grands écrans reproduisent les modèles dont il emprunte, en direct, la voix. Pour le moins original et techniquement impressionnant.
Arrive le tour de Céline, toute heureuse, nous dit-elle, de retrouver la Belgique six ans après La Louvière : « Vous nous avez porté chance à Las Vegas durant cinq ans ». Ouvrant par « I drove all night », Céline précise aussi que sa maman de 81 ans et son fils de 7 ans font partie du voyage. Ainsi que quatre couples de danseurs qui apparaissent sur le très flamenco « S'il n'en reste qu'une ». Après « All by myself » qui rappelle que sa puissance vocale est inégalable, la star enchaîne avec « I'm alive » et une chorégraphie empruntée à Franco Dragone. « Ziggy » la ramène à Starmania mais ce que l'on retiendra en premier de ce nouveau show – en plus de ses six tenues vestimentaires ravissantes – ce sont les hommages qu'elle rend aux chansons de Jean-Jacques Goldman. La moitié du spectacle est francophone, ce qu'elle n'avait pu faire à Las Vegas. JJG est réellement celui qui lui a écrit ses plus belles chansons, tout genre confondu. Pour le reste, Céline rend également hommage à Freddie Mercury en reprenant « We will rock you » et « The show must go on » de Queen, à James Brown (« I feel good » et « It's a man's man's man's world ») et à Tina Turner (« River deep, mountain high »). Tout ça pour terminer deux heures de présence scénique par « My heart will go on » et « Pour que tu m'aimes encore ».
Mission accomplie, avec une certaine sobriété. Si on ne peut que reconnaître l'exceptionnelle démonstration vocale, il nous été difficile d'être ému par un show hyper réglé, pro jusqu'au bout des ongles. Mais, apparemment, cet avis n'était guère partagé par le public : notre voisine n'a pas arrêté d'écraser une larme durant tout le concert. Sans c½ur que nous sommes...